Méditation tirée de Mc 10,46-52

Méditation tirée de Mc 10,46-52
« Aussitôt l'homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route »

[Sur le mont Sinaï, Moïse dit au Seigneur : « De grâce, fais-moi voir ta gloire ». Dieu lui répondit : « Je ferai passer devant toi toute ma beauté..., mais tu ne peux pas voir ma face » (Ex 33,18s).] Ressentir ce désir me semble provenir d'une âme animée d'amour à l'égard de la beauté essentielle, une âme que l'espérance ne cesse d'entraîner de la beauté qu'elle a vue à celle qui est au-delà... Cette demande audacieuse, qui dépasse les limites du désir, c'est de ne pas jouir de la Beauté par des miroirs et des reflets, mais face à face. La voix divine accorde ce qui est demandé par le fait même qu'elle le refuse...: la munificence de Dieu lui accorde l'accomplissement de son désir ; mais en même temps elle ne lui promet pas le repos ou la satiété... C'est en cela que consiste la véritable vision de Dieu : dans le fait que celui qui lève les yeux vers lui ne cesse jamais de le désirer. C'est pourquoi il dit : « Tu ne pourras pas voir mon visage »...

Le Seigneur qui avait répondu ainsi à Moïse, s'exprime de la même façon à ses disciples, mettant en lumière le sens de ce symbole. « Si quelqu'un veut me suivre », dit-il (Lc 9,23) et non : « Si quelqu'un veut me précéder ». A celui qui lui adresse une prière au sujet de la vie éternelle, il propose la même chose : « Viens, suis-moi » (Lc 18,22). Or celui qui suit est tourné vers le dos de celui qui le conduit. Donc l'enseignement que reçoit Moïse sur la manière dont il est possible de voir Dieu est celui-ci : suivre Dieu où qu'il conduise, c'est là voir Dieu...

Il n'est pas possible en effet à celui qui ignore le chemin de voyager en sécurité s'il ne suit pas le guide. Le guide lui montre le chemin en le précédant ; celui qui suit alors ne s'écartera pas du bon chemin, s'il est toujours tourné vers le dos de celui qui le conduit. En effet, s'il se laisse aller sur le côté ou s'il fait face à son guide, il s'engage dans une autre voie que celle que lui montre le guide. C'est pourquoi Dieu dit à celui qu'il conduit : « Tu ne verras pas mon visage », c'est-à-dire : « Ne fais pas face à ton guide ». Car alors tu courrais en sens contraire de lui... Tu vois combien il importe d'apprendre à suivre Dieu. Pour celui qui le suit ainsi, aucune des contradictions du mal ne s'oppose plus à sa marche.
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 11:03

Méditation tirée de Lc 11,37-41

Méditation tirée de  Lc 11,37-41
« Donnez en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous »

Il ne faut pas se satisfaire de donner de l'argent ; l'argent n'est pas assez, car on peut en trouver. C'est de nos mains que les pauvres ont besoin pour être servis, c'est de nos coeurs qu'ils ont besoin pour être aimés. La religion du Christ est l'amour, la contagion de l'amour.

Ceux qui peuvent s'offrir une vie aisée ont sans doute leurs raisons. Ils peuvent l'avoir gagnée par leur travail ; je ne suis en colère que devant le gaspillage, devant ceux qui mettent aux ordures ce qui pourrait nous être utile. La difficulté, c'est que bien souvent les riches, ou même les gens aisés, ne savent pas vraiment ce que sont les pauvres ; c'est pourquoi nous pouvons leur pardonner, car la connaissance ne peut que conduire à l'amour, et l'amour au service. C'est parce qu'ils ne les connaissent pas qu'ils ne sont pas émus par eux.

J'essaie de donner aux pauvres, par amour, ce que les riches pourraient obtenir par l'argent. Certes, je ne toucherais pas un lépreux pour un million ; mais je le soigne volontiers pour l'amour de Dieu.

# Posté le mardi 13 octobre 2009 03:21

Méditation tirée de Lc 11,5-13

Méditation tirée de  Lc 11,5-13
« Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez »

Je le sais bien, ô Dieu, Père tout-puissant : m'offrir à toi pour que tout en moi...parle de toi, c'est le devoir principal de ma vie. Tu m'as accordé le don de la parole, et il ne peut m'apporter de plus grande récompense que l'honneur de te servir et de montrer au monde qui l'ignore, à l'hérétique qui le nie, qui tu es, toi, le Père du Fils unique de Dieu. Oui, vraiment, c'est là mon seul désir ! Mais j'ai grand besoin d'implorer le secours de ta miséricorde afin que, du souffle de ton Esprit, tu gonfles les voiles de ma foi, tendues pour toi, et que tu me pousses à prêcher partout ton saint nom. Car tu n'as pas fait en vain cette promesse : « Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira ».

Pauvres, nous implorons ce qui nous manque. Nous nous appliquerons avec zèle à l'étude de tes prophètes et de tes apôtres ; nous frapperons à toutes les portes que notre intelligence trouvera fermées. Mais toi seul peux exaucer notre prière...; toi seul tu peux ouvrir cette porte où nous frapperons. Tu encourageras les débuts difficiles ; tu affermiras nos progrès ; et tu nous appelleras à participer à l'Esprit qui a guidé tes prophètes et tes apôtres. Ainsi nous ne donnerons pas à leurs paroles un sens différent que celui qu'ils avaient en vue.

Donne-nous donc le vrai sens des mots, la lumière de l'intelligence, la beauté de l'expression, la foi dans la vérité. Donne-nous de dire ce que nous croyons...: qu'il n'y a qu'un Dieu, le Père, et un seul Seigneur, Jésus Christ.

# Posté le jeudi 08 octobre 2009 07:24

Méditation tirée de Lc 11,1-4

Méditation tirée de  Lc 11,1-4
« Apprends-nous à prier »

Le bien suprême, c'est la prière, la conversation familière avec Dieu. Elle est relation à Dieu et union avec lui. De même que les yeux du corps sont éclairés à la vue de la lumière, ainsi l'âme tendue vers Dieu est illuminée de son ineffable lumière. La prière n'est pas l'effet d'une attitude extérieure, mais elle vient du coeur. Elle ne s'enferme pas dans des heures ou des moments déterminés, mais elle est en activité continuelle, de nuit comme de jour. Ne nous contentons pas d'orienter notre pensée vers Dieu lorsqu'elle s'applique exclusivement à la prière ; mais lorsque d'autres occupations -- comme le soin des pauvres ou quelque autre souci en vue d'une oeuvre bonne et utile -- nous absorbent, il importe aussi d'y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin d'offrir au Seigneur de l'univers une nourriture très douce, assaisonnée au sel de l'amour de Dieu. Nous pouvons en retirer un grand avantage, tout au long de notre vie, si nous y consacrons une bonne part de notre temps.

La prière est la lumière de l'âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l'âme s'élève vers le ciel et embrasse le Seigneur d'une étreinte inexprimable. Comme un nourrisson vers sa mère, elle crie vers Dieu en pleurant, assoiffée de lait divin. Elle exprime ses désirs profonds et reçoit des présents qui dépassent tout ce que l'on peut voir dans la nature. La prière, par laquelle nous nous présentons avec respect devant Dieu, est la joie du coeur et le repos de l'âme.

# Posté le jeudi 08 octobre 2009 04:49

Méditation tirée de Lc 10,1-12

Méditation tirée de Lc 10,1-12
« Comme des agneaux au milieu des loups »
En envoyant des disciples à sa moisson..., Jésus leur dit : « Voici que je vous envoie, comme des agneaux parmi les loups ». Voilà des animaux ennemis, mais le bon pasteur ne saurait redouter les loups pour son troupeau ; ces disciples sont envoyés non pour être une proie, mais pour répandre la grâce. La sollicitude du bon pasteur fait que les loups ne peuvent rien entreprendre contre les agneaux. Il les envoie donc pour que se réalise cette parole : « Ce jour-là, loups et agneaux iront paître ensemble dans le même pâturage » (Is 65,25)...


D'ailleurs, les disciples envoyés ont reçu l'ordre de n'avoir pas de bâton à la main. Qu'est ce que le bâton, sinon l'insigne du pouvoir, l'instrument qui venge la douleur ? Donc ce que le Seigneur humble a prescrit, ses disciples l'accomplissent par la pratique de l'humilité. Car il les envoie semer la foi non par la contrainte, mais par l'enseignement ; non pas en déployant la force de leur pouvoir, mais en exaltant la doctrine de l'humilité. Et il a jugé bon de joindre ici l'humilité à la patience, car Pierre témoigne : « Insulté, le Christ ne rendait pas l'insulte ; frappé, il n'a pas rendu les coups » (1P 2,23).


Cela revient à dire : « Soyez mes imitateurs, laissez tomber le goût de la vengeance, répondez aux coups de l'arrogance non pas en rendant le mauvais procédé, mais par une patience pleine de bonté. Personne ne doit imiter pour son propre compte ce qu'il reprend chez autrui ; la douceur porte des coups plus rudes aux insolents ». Le Seigneur a répondu à un tel coup en disant : « A celui qui te frappe sur une joue, tends l'autre » (Mt 5,39).

# Posté le jeudi 01 octobre 2009 04:16